Traductions juridiques : attention au droit comparé !

15 Jan 2020 | CG Traduction

Contrairement au secteur financier ou médical, il n’existe pas de langage juridique universel. Chaque système légal utilise une terminologie propre pour définir des concepts qui lui sont spécifiques. L’expert en traduction juridiques ne peut donc pas se limiter à une traduction littérale. Il doit prendre en compte la culture et le système légal du pays et de la langue source ainsi que du pays et de la langue cible. Seule une connaissance approfondie des systèmes juridiques concernés lui permet de trouver des équivalences.

Les traductions juridiques, un défi pour le linguiste

Le linguiste spécialisé en traduction juridique fait face à un défi particulier : transposer dans un système légal des notions issues d’un autre système normatif, pour lesquelles il n’existe pas toujours d’équivalent parfait.

Le droit est fortement influencé par l’histoire et la culture d’un pays. Il est plus facile de trouver des équivalences sémantiques lorsque les systèmes juridiques partagent une histoire commune. C’est par exemple le cas des pays dont le droit civil actuel est issu du droit romain (France, Belgique, Italie, Allemagne…). En revanche, lorsqu’il n’y a pas d’histoire commune, les équivalences sont plus rares. Cette difficulté se pose notamment pour les traductions juridiques entre les systèmes de common law et ceux de tradition romaniste.

Dans ce contexte, une traduction fidèle n’est donc pas une traduction littérale. L’enjeu est de traduire le terme d’origine par un mot qui regroupe les mêmes concepts juridiques dans le pays cible. Cette méthode est celle des équivalents fonctionnels. Le traducteur ne traduit pas les mots, mais leur signification légale. Des connaissances en droit sont donc indispensables pour identifier les notions juridiques équivalentes de chaque système, lorsqu’elles existent.

    Quelques exemples de traduction juridiques difficiles

    Parfois, une traduction littérale serait incompréhensible. C’est notamment le cas de la notion française de « Garde des Sceaux ». Elle ne peut pas être traduite par « Keeper of the Seals », qui ne signifie rien en anglais. Le traducteur doit donc utiliser un équivalent tel que « Minister of Justice » pour permettre la compréhension du texte.

    Un autre exemple est celui de « Conseil des ministres ». Il doit être traduit par « cabinet of Ministers » plutôt que par « council of Ministers » qui n’existe pas en anglais.

    Un autre piège est celui des faux amis. Certains mots existent dans deux systèmes juridiques distincts, mais ne désignent pas le même concept. La traduction littérale du mot français « juridiction » est « jurisdiction ». Mais le mot français désigne une cour, alors que le mot anglais désigne la compétence matérielle d’une cour.

    Dans certains cas, le traducteur doit laisser le terme non traduit dans le document cible. En effet, certaines notions n’ont aucun équivalent dans le système juridique de destination. C’est par exemple le cas de la « cause » d’un contrat en droit civil français. Il existe une notion proche en droit anglais, celle de « consideration », mais elle ne désigne pas exactement le même concept et a des conséquences juridiques différentes. Pour maintenir l’équivalence entre le texte source et la traduction, le linguiste doit donc garder le terme d’origine.

    Étant donné la complexité de la traduction juridique, des compétences linguistiques sont insuffisantes. La connaissance des différents systèmes légaux est essentielle. Pour éviter les erreurs, il est par conséquent recommandé de faire appel à une société spécialisée en traduction juridique.

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